Mon déni de grossesse : Après l'arrivée de bébé

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Suite à mon déni de grossesse et après la naissance de notre bébé surprise, il m'aura fallu un certain temps d'adaptation face à ce petit être bien que j'étais déjà maman avant sa venue. On dit qu'il faut 9 mois pour façonner un bébé dans le ventre de sa maman, sachez que ce temps est tout aussi nécessaire pour se préparer psychologiquement à son arrivée dans votre vie.

Il m'aura fallu plus de 6 mois pour accepter et créer un lien avec mon bébé, peut être ces mêmes 6 mois et quelques manquants dans mon vécu de grossesse. Les débuts ont été difficiles. Je prenais pleinement conscience de ce déni, bien plus que lorsque je le sentais bouger dans mon ventre. Il était là, devant moi, il bougeait, pleurait, souriait... il vivait... et de plus il n'était déjà plus en moi.

Je ne pouvais donc pas vivre ces premiers instants d'une grossesse durant lesquelles on se demande si c'est bien bébé que l'on sent bouger dans son ventre ou bien si c'est juste parce qu'on est en pleine digestion. Je ne pouvais plus ressentir ce petit être grandir en moi et voir mon ventre s'arrondir au fil des mois. Passer des moments en tête à tête rien qu'avec lui, réellement seuls tous les deux, l'avoir que pour moi et tisser ce lien si fort comme je l'avais fait avec sa grande sœur. Non... C'était tant pis pour moi, je n'avais qu'à me rendre compte de son existence plus tôt.

Je m'en voulais terriblement, et aujourd'hui encore d'ailleurs mais avec moins de hargne, de ne pas avoir été la mère que j'aurai du être. D'avoir raté les premiers instants de sa vie et pire encore d'avoir mis la sienne en danger en ne faisant absolument pas attention à mon mode de vie. J'ai beaucoup pleuré... de peine mais aussi de joie. J'étais tiraillée entre les deux. 

Je voulais absolument rattraper le temps perdu. Je le chouchoutais autant que possible, je le cajolais, je le voulais que pour moi ou presque et laissais peu de place au papa. Je m'épuisais à la tâche. C'était un cercle vicieux, car à tout cela se rajoutait une énorme fatigue, émotionnelle comme physique, qui faisait que j'avais de plus en plus de mal à supporter ses cris et ses pleurs. Il a eu pas mal de colique et était très demandeur. Je ne me sentais pas à la hauteur et culpabilisais encore plus lorsque je ne me sentais plus capable de le gérer. Je perdais souvent patience, j'étais en colère contre moi même ! Je l'aimais tellement fort ce bébé, mais pourquoi n'y arrivais-je pas ? 

Heureusement le papa a su être là quand j'avais besoin de lui. Ce n'était pas une période facile pour lui non plus car j'avais du mal à accepter mon incapacité à gérer tout ça et il m'est arrivé plus d'une fois de le lui reprocher. Mais il a su m'écouter et m'épauler. Me rassurer aussi sur mon rôle de mère et m'aider à prendre du recul sur tout ça et surtout à accepter ne pas être la mère parfaite.

J'ai donc lentement repris confiance en moi et admis le fait de ne pas pouvoir revenir en arrière. J'ai lâché prise petit à petit. Je profitais pleinement de chaque instant en essayant le plus possible de ne plus culpabiliser mais de vivre l'instant présent. J'admirais mon petit garçon. Notre roi soleil. Il était si beau, si parfait. Un cadeau du ciel ! Après tout il était là, peu importe les circonstances de sa venue, nous l'avons toujours aimé. N'était-ce pas ça le plus important dans le fond ? 

J'ai donc laissé peu à peu place au bonheur et cessé de culpabiliser dès que je le voyais ou que je n'y arrivais pas. Je me noyais dans ses yeux et le regardais grandir et s'épanouir tout doucement. Je ne pouvais pas revivre ma grossesse mais je pouvais le voir évoluer là, pour de vrai, et c'était déjà un si beau cadeau !

J'ai repris le travail lorsqu'il avait 8 mois. Papa restait à la maison et gérait parfaitement les deux enfants. Cette reprise, bien que rapide pour moi sur le moment, m'a fait beaucoup de bien. J'ai pu souffler un peu, penser à autre chose et tourner la page plus facilement.

Aujourd'hui notre bébé surprise va bientôt avoir 5 ans. Le temps est passé à une allure folle et je ne me sens plus autant coupable qu'autrefois. Il est vrai cependant qu'il a un certain manque de confiance en lui et que j'ai tendance à penser que cela viendrait peut être de moi. Je lui parle donc de temps en temps de sa naissance. Je lui dis qu'il était bien caché dans mon ventre et que nous étions vraiment très heureux avec son papa de le savoir là ! Je lui dit à quel point je l'aime et que je suis fière de lui. Je veux qu'il sache qu'on l'a toujours aimé et qu'il a été désiré malgré tout !

Bien sûr, je n'oublie pas sa grande soeur ni même son petit frère. Notre amour est aussi fort pour chacun d'entre eux. Il est très important pour moi de leur faire savoir à quel point ils comptent pour moi. D'ailleurs, toute communication est importante à la maison. Quelle soit dans le bon comme dans le mauvais sens : il faut que chacun soit capable d'extérioriser ses sentiments, d'être à l'écoute de ses émotions.

Pour résumer, oui les débuts ont été assez difficiles mais je suis tellement fière et heureuse d'avoir trois beaux enfants en parfaite santé. Je me dis qu'il y a des gens qui n'ont malheureusement pas cette chance et que je me dois d'en profiter chaque jour. Peu importe les épreuves, peu importe les circonstances et surtout peu importe les on dit, les biens pensants qui doutent de la véracité du déni, qui trouveront toujours quoi qu'il en soit à juger et coller un étiquette. Je m'en moque ! Je vis ma vie de Maman et je serai toujours présente pour mes enfants.




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