Mon déni de grossesse : La naissance de notre bébé surprise !

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Suite à mon déni de grossesse, dont vous pouvez lire ou relire mon témoignage ici, nous n'avions aucune certitude sur la date du terme. Une échographie jugeant le poids de bébé bien suffisant, mais aussi certainement car la gynéco devait partir en vacances dans les jours qui suivaient, il a été décidé que l'accouchement serait déclenché en la date du 3 Août 2012, soit 4 jours avant la date estimée.

Non seulement je devais faire avec cette culpabilité  de ne pas avoir vécu  et ressenti pleinement ma grossesse, mais en plus je ne pouvais pas attendre que la nature décide par elle même du jour de l'arrivée de notre bébé surprise. C'était comme un second coup de massue, je vivais assez mal l'idée de ne pas avoir, une nouvelle fois, le contrôle de mon corps. J'avais tout loupé du début à la fin, ou presque... C'était assez dur à encaisser.

J'ai donc tout essayé pour que bébé sorte naturellement mais rien n'y a fait : le vendredi 3 Août 2012, je rentrais à la clinique à jeun à 8h afin d'être déclenchée... Nous avions laissé notre fille à mes beaux parents, tous trois excités de faire connaissance avec bébé et surtout de découvrir son sexe. Car, je le rappelle pour celles et ceux qui n'auraient pas lu l'article sur mon déni, ayant appris ma grossesse autour de 7 mois, nous avons décidé que ce bébé resterait une surprise jusqu'au bout et de ne pas connaître son sexe.

Le futur papa et moi, avions tenu une sorte de journal de bord afin de retracer nos sentiments dans cette journée qui alla se révéler interminable...

Lors de notre arrivée, une sage femme examina mon col afin de voir si entre temps celui ci avait bougé. Tu parles ! Des clopinettes ! J'avais eu beau avoir fait tous les efforts possibles, quand ça veut pas bah ça veut pas ! Elle me posa alors un monitoring afin de voir si éventuellement j'avais des contractions. J'avais un bébé qui dansait la samba et qui n'aimait absolument pas que je sois allongée, mais pas la moindre trace d'une contraction.

À 9h, une sage femme vint procéder à un décollement des membranes. Je peux vous assurer que c'était atrocement douloureux ! Elle me posa ensuite un espèce de tampon imbibé de prostaglandines censé favoriser le travail. 
Un monitoring est donc remis en place afin de voir si cela fonctionne...
Je souffle et essaie de reprendre mes esprits. J'ai l'impression d'avoir été charcutée...

La journée passe et je n'ai toujours pas le signe de la moindre contraction. Nous avons été installés dans ma chambre et sommes allés marcher une bonne partie de la journée... POUR RIEN ! On me posa le monitoring à plusieurs reprises. J'aurais soi-disant eu quelques contractions, mais rien ressenti. On refusa de me donner à manger prétextant un possible accouchement dans la journée. J'eu droit à une petite assiette seule le midi et un petit pain avec du fromage, un yaourt et une compote le soir.

À 20h30 Toute la fichue journée était passée et toujours pas de bébé ! RE RE monitoring... En une demi heure je n'aurais eu que deux contractions, le col n'aura toujours pas bougé. 
Je pars prendre une douche et décide de me coucher. Je ne sais pas quelle journée nous attend demain mais je sais que c'est le moment ou jamais de dormir ! Mon homme restera avec moi sur un fauteuil à côté de mon lit. J'aurai plutôt bien dormi, pas lui ! 

Le lendemain matin, on me refusa tout petit déjeuner. On me posa à nouveau un monitoring... Le col n'a pas bougé et les contractions se font rares. On m'emmena à la salle de travail à 9 heures en vue de me déclencher le travail par le biais d'une perfusion. Cette fois ci on m'assure que cela ne peut que fonctionner. Tant mieux, j'en ai ras le bol et je veux rencontrer mon bébé ! 

Une fois le produit injecté, les contractions arrivent très rapidement. Je m'installe en bonne position afin de favoriser la descente de bébé quand la gynéco me dit que l'anesthésiste arrive pour me faire ma péridurale.
Je n'ai rien demandé et personnellement je pense que cela peut attendre !
On me dit que le travail lors d'un déclenchement est lent et très douloureux et on ne me laisse pas vraiment le choix. Je suis déçue et je vis mal, encore une fois, le fait de ne pas pouvoir vivre cet accouchement comme je le voudrais mais je n'ose rien dire. Avec beaucoup de regret aujourd'hui, d'autant plus que je ne supporterai pas cette fichue péridurale.

Quelques minutes après la pause de la péridurale, je commence à me sentir mal. J'ai des nausées et je vomis mes tripes. Je commence à regretter de ne pas avoir bouffé en cachette ! Quitte à gerber j'aurais préféré avoir quelque chose à sortir plutôt que la bile qui m'arrache la gorge. 
Je tremble, je ne suis pas bien...

Les sages femmes et l'anesthésiste viennent me voir régulièrement. Ils restent professionnels mais on peut lire l'angoisse sur leur visage. Ma tension a chuté vertigineusement, il paraîtrait que cela est fréquent avec la péridurale, sauf qu'ils n'arrivent pas à la faire remonter. On m'aura fait plusieurs injections de glucose  et installée sur le côté gauche en vain. Je vomissais sans arrêt et me sentais partir.

Je pleure, je suis pas bien et j'ai peur de ne pas y arriver. Je ne veux pas de césarienne ! Je voulais au moins réussir ça par moi même ! Et même ça mon corps semblait ne pas vouloir me laisser faire... Ma tension faisait du yo-yo, je me sentais tantôt mieux tantôt malade.  

Mon homme est auprès de moi, il me tient et change régulièrement l'haricot pour que je vomisse. Il me soutient et m'encourage. Il est pale et inquiet, je n'ai pas les mots pour le rassurer. Le personnel ne nous donnera pas plus d'indications. J'ai pour ordre de ne pas bouger et de bien rester sur le côté. J'ai de la chance dans mon malheur car le travail avancera très vite. Seulement, je ne me sens pas capable d'accoucher... On me donnera du jus d'orange pour m'aider à mieux supporter mes vomissements mais aussi calmer les nausées.

Il est autour de 13h lorsque la sage femme vient de nouveau contrôler mon col. Je suis trempée mais je ne ressens rien. Ma tension est limite donc je dois rester sur le côté quitte à accoucher comme cela. Tant que je n'ai pas de césarienne cela me va parfaitement ! Je veux accoucher par moi même, je veux au moins réussir ça ! Et je ne lâcherai pas cet objectif ! Je suis à 9 cm, le moment est venu. Seulement il faut attendre encore un peu que ma tension remonte. On m'injecte alors une nouvelle dose de glucose pour rebooster tout ça.

Cela fonctionne, ma tension remonte à 10. C'est parfait, je vais pouvoir accoucher ! On me met en position gynécologique, ma tête ne tourne pas, je suis rassurée , je me sens capable d'y arriver ! Je commence alors à pousser...

Seulement je suis épuisée, j'ai du mal à pousser correctement. J'ai du mal à prendre sur moi mais mon homme ainsi que ma gynéco m'encouragent à continuer. C'était vraiment éprouvant. Ma première était arrivée après seulement quelques petites poussées et j'avais l'impression que je poussais dans le vide. 

20 minutes s'étaient écoulées. Je dis à la gynéco que je trouve que le temps est long, je lui demande si quelque chose cloche... Elle me rassure et me dit que c'est normal mais que je peux y arriver, que la tête n'est pas loin. Elle me propose d'y mettre ma main afin de vérifier par moi même. En effet, je pouvais le sentir, il était là mon petit bébé à moi ! Elle me demande ensuite si je veux voir, que cela pourrait m'aider à pousser et prendre conscience de mon travail. J'accepte.

J'ai pu voir alors la tête de mon bébé prête à sortir de mon corps. C'était beau et j'ai retrouvé un gain d'énergie énorme ! Notre enfant naissait à 13h32... Elle me proposa de l'attraper à la sortie afin que je puisse découvrir par moi même son sexe. 

C'était un moment très émouvant, très beau, très heureux et indescriptible. J'ai totalement oublié les heures d'attente et surtout de souffrance endurées derrière. C'était un garçon ! Un merveilleux petit garçon qui hurlait à tue tête, pas content d'être sortie de son cocon. Je regarde mon homme, tout aussi ému et heureux que moi. On embrasse tous deux notre fils. Heureux... 

Je le serre contre moi, je l'admire, je le découvre... Ce petit bébé caché pendant des mois, ce merveilleux cadeau de la nature. Je lui demande alors pardon. Pardon de ne pas avoir veillé sur lui dès le départ. Pardon de ne pas avoir été là quand il commençait à grandir dans mon ventre. Pardon d'avoir loupé tout ça... Nous n'avons eu que deux mois pour se découvrir. Deux petits mois contre neuf normalement. Je suis tellement désolée... et si heureuse et soulagée de le savoir et le voir en pleine forme !

Je suis partagée entre bonheur et tristesse. Entre joie et culpabilité : les deux sont immenses. Je remettrai par la suite énormément en question mon rôle et mes capacités en temps que mère. Mais cela je vous en parlerai dans un prochain article ; l'après l'arrivée de bébé.

Pour le moment je le cajole, j'essaie de le consoler. Il se calme tout doucement. Il part ensuite avec papa pour faire les petits contrôles d'usage et je réalise tout doucement. Je prends la mesure de tout ce qui s'est passé durant ces 9 mois en arrière. Je suis heureuse, nous avons un fils ! Nous étions tous les deux sûrs que nous attendions un garçon. Il était là, beau et fort  de ses 3kg480 pour 51 cm. Je lui donne le sein pendant que mon homme annonçe la nouvelle à la famille.

Sa grande soeur fut la première à lui rendre visite. Ravie et fière d'avoir un petit frère. Mes beaux parents nous ont laissé vivre cet instant à quatre et nous ont rejoint un peu plus tard. 

De mes trois enfants, ce fut mon accouchement le plus difficile mais aussi le plus émouvant. Notre troisième étant pourtant né sans péridurale avec plus de 4kg au compteur. La découverte du sexe de bébé à la naissance est un moment merveilleusement indescriptible. Si vous hésitez à franchir le pas, honnêtement faites le ! Mais attention, prévenez bien votre sage femme lors de chaque échographie, car j'ai une amie qui a voulu en faire de même mais qui a découvert l'anatomie de bébé malgré elle lors d'une échographie. Bébé ayant montré ses atouts dès les premières images ! J'ai eu de la chance de tomber sur une personne prévenante et qui a su me préserver de cela et je la remercierais jamais assez pour ça... Par contre pour le déclenchement et le reste... un peu moins !

Voilà pour l'arrivée de notre bébé surprise... Et toi, (ton) tes accouchement(s ) c'était comment ? Quel a été ton ressenti ?  En temps que mère comme en temps que papa. On ne laisse pas assez de place aux papas. Pourtant, bien qu'ils n'accouchent pas, c'est tout un chamboulement pour eux aussi ! 

Merci à vous de m'avoir lu en tout cas, c'était très émouvant pour moi de reparler de tout ça. Je revivais chaque instant... Et je me rends compte qu'aujourd'hui, même si bientôt 5 années sont passées depuis, je suis toute autant émue par son arrivée dans nos vies mais aussi par ce fichu déni sur lequel je ne pourrais jamais revenir en arrière...

En bonus, une grande sœur toute fière  :




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