In Vie de Quiche

Faire le deuil d'une nouvelle grossesse...

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Une page se tourne et bien que la suite de l'histoire promet d'être très belle, il me faut faire mon deuil : celui de ne plus jamais porter la vie, de ne plus avoir de bébé à moi dans la maison... et ce cheminement n'est pas tous les jours facile.

Les choses sont pourtant plutôt claires dans ma tête : je ne veux plus d'enfant. Nous en avons toujours voulu trois et il n'a jamais été question d'un quatrième. Je ne me vois absolument pas tenter l'expérience d'une nouvelle grossesse ni même les nuit écourtées et la gestion difficile de nombreux enfants en bas âge. Et pourtant j'éprouve parfois ce sentiment de tristesse à l'idée de ne plus jamais vivre cela.

Mon "bébé" va bientôt avoir 2 ans et demi, et il faut que je me rende à l'évidence : ce n'est plus un bébé. C'est terminé ! Je n'ai plus de bébé à la maison... Il y a eu pourtant plusieurs étapes pour m'y préparer, comme par exemple lorsqu'il est passé au lit de grand. Je ne sais pas si vous avez déjà vécu ça mais je peux vous affirmer que pour ma part, ce fut une grande étape à passer. Tout allait bien lorsque je démontais son petit lit de bébé, j'avais hâte de le voir découvrir son lit de grand, celui qui appartenait à son frère aîné qui lui passait au lit combiné avec un petit bureau... Et puis lorsque j'ai eu enfin terminé et que leur chambre était prête, je n'ai pu retenir mes larmes. Oui, j'ai chialé ! J'étais tiraillée entre la joie de le voir tout heureux de découvrir son grand lit et la tristesse de me dire : je n'ai plus de bébé et je n'en aurai plus ! C'est fini...

C'est si triste de se dire que jamais plus je ne porterai la vie en moi. Je ne connaîtrai plus ces sensations de femme enceinte : les petits mouvements de bébé dans mon ventre, les grandes joies des nausées quotidiennes, la démarche de canard et les envies incessantes de pisser. Je n'aurai plus ces petits moments de partage seule avec mon bébé, pendant un bain, en le caressant au travers de mon bidon explosé. Je ne connaîtrai plus les sensations des contractions juste avant de se rendre à la maternité, la joie de cette première rencontre, les premiers pleurs de bébé à peine sorti du ventre. 

Fini également l'émotion de la première tétée, les nuits courtes à se lever pour donner le sein. Le cododo que j'ai souvent pratiqué pour mes trois lardons. Les réveils nocturnes après lesquels je pouvais passer des heures à contempler le visage d'ange de chacun de mes bébés, paisiblement endormi : si beau, si petit, si doux. 

Fini ce délicieux parfum de bébé, les premiers cacas et les pipis intempestifs des garçons qui te lancent leur jet d'urine dans la face. Les babillages, les areuh et le stress du rototo pas sorti. Fini le portage en écharpe, blottis l'un contre l'autre sans vraiment savoir qui berce qui. Les premières cuillères de purée, les premiers pas, les premiers mots. C'est terminé... 

Alors je me console comme je peux : Oui je n'aurai plus de bébé à moi mais j'ai déjà eu cette chance là trois fois et ce n'est pas rien ! Je n'aurai plus à subir ces réveils intempestifs 25 fois par nuit rêvant d'une nuit complète ! Je me contenterai du beau rôle de la super tatie ou même de super marraine, en profitant de tous les bons côtés sans aucune contraintes ! 

Il y a tant de belles choses qui nous attendent désormais. Plus les enfants grandiront et plus nous pourront profiter, autrement cette fois-ci. Nous pourrons alors plus facilement vivre des moments tous ensemble : faire de la randonnée ( j'ai toujours adoré ça ), aller dans des parcs d'attractions, visiter des châteaux et autres endroits un peu partout en France et ailleurs ! Il y a tant de choses à faire et à découvrir ensemble. Nous avons vécu déjà temps de choses également.

C'est une page qui se tourne c'est vrai, mais notre histoire est déjà tellement belle ! Nous avons encore tout l'avenir devant nous et des tas de projets qui fleurissent pour les temps futurs. Alors oui, c'est vrai que le deuil d'une nouvelle grossesse ou du petit dernier est une étape difficile, surtout lorsque nous sommes parfaitement surs de ne pas vouloir d'autre enfant, mais elle est nécessaire pour pouvoir avancer et passer à autre chose. Les enfants grandissent tellement vite et il y a encore tant de choses à voir et à découvrir.

Je fais donc mon deuil, doucement mais surement. Je regarde mes enfants grandir et je profite de ces petits moments ensemble. Bientôt il n'y aura plus de couches à la maison, la sucette a déjà été évincée de manière soudaine, tout comme le biberon. Mini-lardon suit les traces de son grand frère et c'est si beau de les voir tous les deux. Lardonnette prend plaisir à les materner, parfois maladroitement, mais les liens qui les unissent tous les trois sont là et rien ne me rend plus heureuse que de les voir grandir ensemble, soudés, complices et même parfois ronchons les uns envers les autres.

Alors oui, c'est peut-être la fin d'une vie de famille avec un bébé à la maison mais c'est avant tout le début d'une toute nouvelle ère ou l'on pourra vraiment profiter de chaque moment tous ensemble ! Et de toute façon mes enfants resteront à jamais des bébés à mes yeux, alors pourquoi s'en faire ?!

Et vous, comment avez-vous vécu cette étape ? Avez-vous su tourner la page ou bien vous êtes vous laissés tenter par l'arrivée d'un nouveau bébé ?


1 commentaire(s):

  1. Bonjour, Je me permets de vous raconter mon histoire par rapport à ce sujet. Je pense que ça me fera du bien d'en parler. Je pense avoir besoin de l'écrire et de le dire. Voilà je suis maman d'une petite fille de 6 ans grossesse parfaite et accouchement aussi pas du tout de babyblues ni de manque de la grossesse. Pour cette première grossesse c'était un bébé "surprise" je n'avais que 23 ans et pas encore un gros instinct maternel. Mais malgré tout un grand bonheur et beaucoup d'amour pour notre petite fille. Nous avons grandit d'un coup avec elle. En octobre 2020 j'ai donné naissance à notre fils qui a donc 3 mois et demi. Cette grossesse était désirée. Par rapport à ma première grossesse celle ci a été beaucoup plus difficile.. Des nausées du début à la fin, le confinement, des douleurs au niveau des côtes (supposition de calculs dans la vésicule) et surtout 1 accident de voiture de mon conjoint à 6 mois de grossesse..donc un gros stress qui m'a provoqué des contractions avec ouverture du col à 32 sa... Je suis donc restée tranquille pour finalement accoucher à 38 sa d'un petit bout de 2kg370. Un accouchement merveilleux et un après un peu plus difficile car il a dû partir le soir même en service néonat pour cause d'hypoglycémie. Pendant 1 semaine il s'est battu pour reprendre de la force et moi pour sauver l'allaitement. Et nous voilà 3 mois et demi après bébé en pleine forme et toujours allaité 😊. Mais depuis sa naissance j'ai beaucoup de nostalgie de ma grossesse. Mon ventre me manque, les petit coups de bébé aussi, notre relation unique à 2, l'accouchement me manque également . Je precise qu'avec mon conjoint nous voulions 2 enfants.. Et je pense que j'ai beaucoup de mal à faire le deuil de la maternité. J'aime être enceinte, je me sens forte/rayonnante/zen, j'aime également l'accouchement et les nourrissons. Je suis super heureuse que mon fils soit la et j'aime les enfants plus que tout. Mais j'ai cette impression d'être déjà ménopausée à 29 ans et que mon corps ne sert plus à rien...je précise que j'ai une grosse angoisse de la mort... Voilà je n'ose pas en parler autour de moi car je culpabilise de ressentir ça alors que certains sont en plein combat pour avoir 1 enfant...

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