In Vie de Quiche

Comment je suis devenue aide-soignante

Après vous avoir expliqué dans un précédent article comment je suis devenue aide-soignante, je vais désormais vous parler de mes premiers jours en temps que soignante dans la fameuse maison de retraite où j'avais été embauchée très rapidement et surtout sans aucune expérience... Une toute petite structure placée dans un magnifique bâtiment, dans laquelle vivaient principalement des prêtres et bonnes sœurs à la retraite ainsi que quelques catholiques.

Je tiens à préciser que les noms et prénoms des personnes dans chacun de mes articles traitant de ces sujets sont modifiés.

Je sors de l'entretien d'embauche heureuse d'avoir décroché le fameux poste mais tout autant stressée par la journée qui m'attendait le lendemain. Serais-je à la hauteur ? Est-ce que mes collègues seront sympas ? Il faut absolument que je m'achète un carnet pour noter toutes les informations qui me seront données, afin qu'elles n'aient pas à se répéter et que je devienne vite autonome ! J'ai confiance, je sais que ça ne sera pas forcément simple au début mais je vais y arriver !

7h00, le réveil sonne, nous y voilà : mon premier jour ! Je me lève, prends mon petit déjeuner et saute sous la douche histoire de bien me réveiller et faire descendre un peu la pression. Je commence à 8h et je suis à tout au plus 15 minutes de chez moi, donc inutile de partir trop tôt non plus. 7h40, je sors le scooter du garage et je file. Et oui, à l'époque je n'avais pas encore le permis !

J'arrive sur place 10 minutes plus tard, je respire un grand coup avant de rentrer dans l’ascenseur  jusqu'au premier étage, lieu où ma collègue doit m'accueillir. Les portes s'ouvrent, je sors et aperçois le bureau de la directrice un peu plus loin sur ma gauche, fermé. Je ne sais pas trop vers où me diriger, une visite des lieux lors de l'entretien m'aurait été d'une grande aide. J'entends du bruit sur ma droite, je m'engage alors dans un couloir et trouve une petite cuisine avec un frigo, un évier, un lave-vaisselle quelques placards et un grand tableau rempli de paperasses. Ma collègue m'attend là dévorant un yaourt : " Salut, moi c'est Sabine, je finis ça et je t'amène aux casiers pour que tu puisses ranger tes affaires, je te donnerai une blouse, c'est obligatoire." C'est une femme qui a environ la quarantaine, un peu ronde, au fond de teint très orangé et au fard à paupière bleu clair assez criant. Ses cheveux blonds/blancs au carré sont attachés grossièrement, laissant quelques frisottis de mèches de cheveux se balader autour de son visage telle une crinière de lion.

Le ton est assez froid mais je n'y prête pas vraiment attention, j'attends qu'elle finisse son yaourt et je la suis jusqu'à arriver dans un minuscule placard, juste à côté du bureau de la directrice, aussi grand que des WC, dans lequel sont placés quatre casiers métalliques et une chaise. Elle m'en désigne un et me conseille d'acheter un cadenas pour éviter de me faire voler mes affaires. C'est ici que l'on doit se changer. Elle me tend également une blouse et me demande de la rejoindre une fois que j'aurai terminé...

En sortant du placard je remarque que les murs des couloirs sont recouverts de moquette. Je me dis que ça doit pas être très sécuritaire en cas de feu et retrouve ma collègue dans la salle à manger attenante à la cuisine. J'y trouverai quelques résidents en train de prendre leur petit déjeuner. Les regards se tournent alors vers moi et ma collègue se lance alors dans les présentations : " C'est une nouvelle, elle remplace Marie-Pierre." L'un d'eux me regarde en souriant et me souhaite la bienvenue.

Une fois que tout le monde a terminé son petit déjeuner, ma collègue et moi débarrassons la très grande table ( une seule pour tous les résidents ). Je prends les devants naturellement et commence à m'occuper de la vaisselle pendant que ma collègue nettoie la salle à manger. Puis elle arrive vers moi : " Il faut que tu récupères les plateaux dans les chambres". Elle m'énumère alors les noms des personnes chez qui je dois me rendre, je l'arrête dans sa lancée : " Je ne connais pas encore les résidents, ni les emplacements des chambres d'ailleurs... En fait je n'ai même pas visité les lieux." Elle soupire... Je suis mal à l'aise. Je sors mon calepin prête à tout noter. J'ai plusieurs plateaux à récupérer sur les deux étages, celui où je me trouve et l'étage du dessous. Je ne dispose d'aucun chariot pour cela... Il me faudra y aller en plusieurs fois. Ma collègue ne me fera pas visiter les lieux non plus, je profite alors de cet instant pour essayer de prendre mes marques.

La première chambre dans laquelle je me suis donc rendue était celle d'un prêtre. Je frappe à la porte, une voix roque m'autorise à entrer. Lorsque j'ouvre celle-ci une odeur de selles et de sueur m'arrive en plein visage. L'homme est en train de s'habiller au fond de la pièce et me fixe : " Vous êtes qui vous ? ". Je lui souris et me présente brièvement. Je lui propose alors mon aide pour l'habiller et il me répond que débarrasser son plateau est suffisant. Son ton me présage aussi de débarrasser le plancher. Je prends donc le plateau en question et sors en lui souhaitant une bonne journée.

Mes autres visites auront été plus agréables : d'autres prêtres, la maman de la directrice ( dont je vous reparlerai très certainement... ),un couple âgé partageant un petit appartement, très souriants et accueillants mais aussi trèèès bavards... et comme j'étais nouvelle, ils avaient beaucoup de choses à me dire mais aussi à me demander, si bien que ma collègue fut "obligée" de descendre me chercher car je "traînais" trop.

Une fois la vaisselle finie, nous devions nous occuper du lever et de la toilette de certaines personnes. Ma collègue me rassure en me disant qu'aujourd'hui on ferait tout à deux pour que je puisse voir comment faire. Elle m'explique qu'ici tout le monde s'est formé sur le tas, des infirmiers libéraux viennent pour mettre les médicaments dans les piluliers et s'occupent aussi de quelques résidents, mais ce sont nous qui devons les gérer au quotidien. Mon premier lever aura été avec la mère de la directrice, une femme au caractère bien trempé, pas très tendre avec nous narguant de sa position en temps que mère de... ayant donc tous les droits mais surtout aucun devoirs.... Mais avant tout une femme se sentant seule, ayant besoin de compagnie et adepte de la sonnette pour tout et n'importe quoi, du moment qu'elle voyait quelqu'un !

Ma première toilette m'a mis dans le bain immédiatement : il s'agissait d'un prêtre atteint de Parkinson à un stade assez élevé, très pale, très maigre, incontinent total (le seul de toute la résidence ), ne pouvant presque plus parler ou du moins de façon très incompréhensible. Il ne pouvait plus marcher, et n'avait aucune famille, aucun proche, aucune visite... Et ce jour là il avait également eue une magnifique diarrhée... Je vous passe les détails mais je vous laisse imaginer, quand votre enfant a eu une grosse diarrhée bien liquide, qui a débordé de partout : je vous mets la même en version XXL. Bon appétit !

Nous préparons des draps, une bassine et le nécessaire pour le nettoyer au mieux. Nous nous efforçons de rester souriantes et de ne pas faire la moindre allusion désagréable au sujet de ce qui est en train de se passer. Je me mets à la place de cet homme, c'est si triste de finir comme cela... Ma collègue m'explique les gestes et nous parvenons à lui rendre sa dignité, il nous faudra ensuite le placer dans son fauteuil. Là non plus, nous ne disposons d'aucun matériel... Et cet homme n'a aucun appui, autant vous dire que le geste, même pour une personne qualifiée, sans aucune machine pour aider, et dangereux pour nous comme pour lui et difficile. Ce geste, je serai amenée à le réaliser, seule, de nombreuses fois...

Nous continuons ainsi et je profite de ces instants pour me présenter à chaque résident. Aide à l'habillage, aide à la toilette, mise sur les WC, rasage... beaucoup de choses à emmagasiner en peu de temps. J'essaie de prendre le plus de notes possibles, chacun ayant ses petites habitudes qu'il ne faudrait pas bousculer. Nous attaquerons ensuite le nettoyage des chambres et des pièces communes. La partie réservée aux sœurs ne nous ait pas attribuée, elles se gèrent entièrement seules.

11h30, il est l'heure pour nous de descendre en cuisine récupérer le repas. Nous disposons d'un petit chariot ( le seul pour tout le service ). Sylvie, la cuisinière n'est autre qu'une femme d'une soixantaine d'années, aux cheveux sales teintés de brun aux racines blanches et épaisses, attachés en queue de cheval. Elle porte des lunettes rouges bien trop grosses pour sa tête et, surtout, détail qui m'a énormément choqué, ses dents sont à moitiés pourries, parsemées d'une épaisse couche de saleté blanchâtre/grisâtre à en vomir sur place. Je vous promets ne pas en rajouter ! Je me suis toujours demandé comment une personne comme elle pouvait être aux commandes de la cuisine... C'était aussi une dame très bavarde, elle se plaisait à nous raconter ses différents voyages et principalement ceux effectués en Afrique, où elle venait en aide aux plus démunis. Une femme généreuse et douce certes, mais à l'hygiène personnelle plus que douteuse.

Je jette alors un œil à la cuisine. Tout est propre et bien rangé. À notre arrivée, Sylvie disposait divers échantillons de nourriture dans des petits sacs, destinés aux futures analyses quotidiennes obligatoires. Lorsqu'elle ouvrit les frigo, je me rendit compte que tout était en place, étiqueté, bien rangé. Bref : l'habit ne fait pas le moine. Elle nous montre alors les différents plats remplis de nourriture à distribuer ainsi que deux plateaux déjà remplis, destinés à des résidents aux régimes particuliers. Nous remontons donc tout cela en cuisine et nous préparons les plats mixés pour ceux qui ne peuvent plus mâcher. Je m'occupe alors du plateau pour l'ancien prêtre atteint de Parkinson à un stade très avancé à qui je vais devoir donner à manger pendant que ma collègue descendra les deux plateaux préparés en cuisine aux personnes à qui ils sont destinés. Je suis étonnée que l'on ne le serve pas en salle à manger avec les autres, qu'il soit ainsi mis à l'écart. Ma collègue me répondra que cela serait trop choquant pour les autres résidents...

J'installe donc le Père B. confortablement, lui posant son bavoir étanche autour du cou, et je commence à lui donner à manger. Il essaie d'instaurer un dialogue mais il lui est très difficile de communiquer. Alors je lui parle et lui pose des questions simples, sur les éventuelles photos accrochées au mur : sa maman et son papa. Il ponctue chaque fin de phrase par un merci. Je ressens une immense solitude dans ses mots. J'apprendrai plus tard qu'il n'a aucune visite, aucune famille, aucun amis...rien ! Il est ici depuis une bonne quinzaine d'années et son état s'est très vite dégradé pour en arriver là où il en est aujourd'hui. Malgré tout, j'en garde un souvenir d'un homme toujours souriant, généreux et attentionné.

Son repas terminé je dois me rendre dans la cuisine en vue de préparer la salle de restauration pour les autres résidents. Pendant que ma collègue met la table, je coupe le pain, mixe un autre plat, installe les différents plateaux à table, prépare  vin, fromage, fruits et yaourts. Les résidents commencent à arriver, nous devons aller en chercher un certain nombre qui ne parviennent pas à se déplacer facilement seuls. Nous aidons ceux qui ne peuvent manger seuls, découpons la viande, ouvrons les opercules, épluchons les fruits et écoutons les différentes histoires que les gens veulent bien nous raconter. C'est lors du dessert que ma collègue m'annonce qu'elle s'en va et qu'une autre collègue me rejoindra vers 14h30. Je ne sais pas ce que j'aurai à faire d'ici là et surtout je ne savais pas que j'allais me retrouver seule à un moment donné !

Elle me répondra que je n'aurai qu'à ramener les gens dans leur chambre, coucher ceux qui ont besoin d'aide ( y compris le monsieur atteint de Parkinson et ceci seule ), récupérer les autres plateaux dans les chambres, nettoyer et ranger le salon, la vaisselle et la cuisine. Balai et serpillière inclus. Redescendre les plats lavés en cuisine et qu'après je pourrai prendre une pause repas. Je devrais également répondre aux sonnettes dont le panneau d'affichage se trouvait à l'autre bout du couloir. Un simple" Bye et démerde toi" aurait tout aussi bien fait l'affaire ! De toute façon je n'ai pas vraiment le choix !

J'essaie donc de ne pas me laisser envahir par ce stress intense qui prend soudainement place à l'intérieur de moi tel un ouragan sur un océan déchaîné. Je respire, je prends sur moi, et j'accepte que tout ne pourra pas être parfait mais que je ferai au mieux. Ça va aller... Le repas se termine, je ramène ceux qui ont besoin dans leur chambre, les aide à aller aux WC et les installe au lit. Je me rends dans la chambre du Père B. et la peur m'assaille. Comment vais je pouvoir le mettre dans son lit... seule ?

Il me dit qu'il est fatigué, qu'il souhaite se coucher. Je respire un bon coup, je vais y arriver, je DOIS y arriver. J'installe son fauteuil près du lit que j'abaisse un peu afin de pouvoir l'y mettre plus facilement. Je n'ai aucune idée de comment m'y prendre et il n'est pas en mesure de me dire comment faire non plus. Je le détache et, tant bien que mal, glisse mes bras sous les siens et essaie de le soulever pour le faire pivoter dans son lit. Je n'y arrive pas ! Il n'a aucun appui sur ses jambes et bien qu'il ne pèse pas plus de 50kg, il est terriblement lourd et  je n'arrive pas à le soulever suffisamment pour le faire basculer. Je m'excuse, m'écarte un peu et réfléchit. Je ne peux pas le laisser comme cela. Je baisse alors d'avantage le lit, puis le remonte, essayant de trouver la taille idéale pour pouvoir l'y mettre et m'en servir comme appui, le plus vite possible. Je reprends mon courage à deux mains et réessaie...

J'arrive à le porter jusqu'au lit ou je finis par le lâcher malgré moi tant l'effort fut conséquent. Je peste, je râle, ne comprenant pas qu'on puisse me laisser gérer une telle situation sans aide ! Je me calme et essaie d'installer tant bien que mal le Père B qui me regarde avec son sourire d'enfant trouvant la scène certainement drôle. Je lui souris en retour. Non sans mal, je parviens à l'installer plus ou moins bien, sauf que j'ai oublié d'ouvrir son lit... J'installe la barrière de sécurité et attrape une couverture présente sur une chaise ! Tant pis, je ne me voyais pas le bouger pour tenter de le placer sous les draps. Je m'excuse pour tout ce remue ménage et lui promets de faire mieux la prochaine fois. Il me sourit, et me caresse le bras en me remerciant. Cet homme est extraordinaire ! J'ai failli le tomber par terre, porté comme un sac à patates tout en jurant dans tous les sens et lui il me dit Merci ! Non mais merci à vous ! Je lui souhaite une bonne sieste et je pars...

Je débarrasse et nettoie table, vaisselle, sols et redescends les différents plats propres en cuisine. J'en profite pour faire une pause cigarette pour faire descendre la pression par la même occasion( et oui, j'étais aussi fumeuse en cette période ! ). Pendant que je me demandais encore comment est-ce que l'on avait pu me laisser ainsi sans aucune explication, je me rends compte que j'ai oublié de récupérer les plateaux. Je ne sais pas combien il y en a. J'ai vu ma collègue en faire d'autres mais combien ? Et surtout je ne sais pas chez qui je suis censé les récupérer... Dans quelles chambres ? Je me rémunère ceux dont je me suis occupée le matin et part les récupérer, avec mon chariot de cuisine pour éviter les aller-retour.

Lorsque je remonte il est déjà un peu plus de 14h, je me dépêche alors à faire ce brin de vaisselle afin de pouvoir manger un peu avant que la prochaine collègue n'arrive. Je terminerai juste mon repas lorsque, Annick, ma collègue de l'après-midi, arrive. Une femme d'une trentaine d'années bien tassées, brune aux cheveux courts, ronde et au maquillage discret. Elle se présenta et me demanda comment c'était passé ma journée jusque là. Je lui explique pour le Père B. " Mais tu n'aurais pas dû le coucher, tant pis ! Elle aurait dû le faire avec toi au moins pour te montrer. C'est vrai que c'est pas facile seule mais c'est comme ça... C'était Sabine ce matin c'est ça ?" Moi : "Euh...oui..." Elle : " Je vais te montrer tout ce que tu dois faire, tu fais quoi comme horaires cette semaine ! Ah super, on sera ensemble ! Bon, ne t'en fais pas, je vais t'expliquer tout ce que tu devras savoir. N'hésite pas à me poser des questions si besoin d'accord ?". Ma sauveuse ! C'est alors qu'elle m'expliqua le fonctionnement de la maison, les heures où je serai seule, ce que j'aurai à faire, les différents régimes, les noms des gens associés à leur chambre : bref un vrai coup de main, une vraie collègue !

15h, on parti réveiller le Père B. de sa sieste afin de le réinstaller sur le fauteuil. N'ayant pas changé sa protection auparavant, nous nous en occupons également. Avec des gestes plus doux et plus sereins. Elle m'expliqua chaque geste, et nous l'installons dans son fauteuil. Il sourit, encore et toujours, heureux de ne pas être seul pendant ces quelques minutes dans une si longue journée... Il est 15h30 et ma première journée est terminée. Je remercierai jamais assez la vie pour m'avoir apporté la gentillesse d'Annick ce jour là. C'est sa sœur que je remplace... Elle est en arrêt maladie suite à un cancer des ovaires... Je rentre chez moi, le sourire aux lèvres malgré une journée bien remplie et pas toujours facile. Ce métier va me plaire, j'en suis intimement convaincue !

Voilà pour mon premier jour en temps que soignante. Quand j'y repense aujourd'hui je me dis que c'était quand même fou de m'avoir laissé comme ça ! Une jeune gamine sans aucune expérience lâchée seule face à une telle responsabilité. Sans compter les conditions de travail : aucun matériel, aucune formation et beaucoup de laxisme. Non pas par manque d’intérêt par la direction, ou une envie de faire du chiffre. Non ce n'était pas le cas là-bas, la directrice se sentait concernée et essayait de faire au mieux avec les moyens dont elle disposait, vraiment. Seulement elle n'était pas du tout qualifiée pour ce poste, elle ne savait pas gérer ni le personnel, ni le matériel, rien. Pleine de bonne volonté mais malheureusement incapable. Elle a commencé une formation un an après mon arrivée et a quitté les lieux une année après mon départ. Des formations avaient été entreprises,  en corrélation avec notre travail ( ce qui n'était pas toujours le cas ), bref il y avait eu du changement, elle essayait de faire au mieux.

Fort heureusement j'y ai trouvé de superbes collègues et des résidents aussi attachants que difficiles. J'y avais trouvé ma voie, un métier dans lequel je m'épanouissais chaque jour. Un métier que je ne suis plus capable d'effectuer aujourd'hui tant les conditions de travail se sont fortement dégradées pour un reconnaissance quasi inexistante. En temps que mère de famille, je préfère me rendre disponible pour mes enfants et ne plus laisser le travail empiéter sur ma vie personnelle. Ce boulot était une véritable vocation et il ne peut pas être réalisé par n'importe qui, il faut vraiment aimer ce que l'on fait. Ce sont des êtres humains que l'on a en face de nous et beaucoup ont oublié cela. Rester pour devenir maltraitante parce qu'on ne peut pas effectuer une prestation de façon humaine en conservant sa propre dignité et surtout celle de la personne dont on est censé prendre soin : non merci. Bref, courage à celles et ceux qui restent et qui essaient de faire au mieux malgré tout ! Vous êtes des warriors !

Pour ma part, après une dizaine d'années à exercer ce beau métier, j'ai changé radicalement de voie. Je continuerai à vous décrire diverses situations vécues lors de cette période autant enrichissante qu'éprouvante, pour ne pas oublier ces personnes qui m'ont tant apporté ! Des moments de joie, de rire, de pleurs, des instants difficiles, de la maltraitance dont j'ai été témoin, des situations incongrues, bref des tranches de ma vie et de celle de nombreux soignants, pour témoigner de ce magnifique métier et des conditions dans lesquelles les soignants et les soignés sont parfois confrontés... J'espère que ma petite histoire du jour vous aura plu malgré la longueur du texte que j'ai essayé de réduire au maximum !

Merci d'avoir pris le temps de me lire et à bientôt !




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